Les gens de Vanier : Les baristas de The Ministry of Coffee sur l’avenue Beechwood

La gérante Julia Norris et son personnel nous parlent de leurs demandes préférées de la part des clients et de pourquoi elles aiment travailler sur l’avenue Beechwood.


Meghan Laver nous explique sa commande la plus originale :
« Notre clientèle est très diversifiée. Il y a donc toujours quelque chose d’intéressant qui se passe ici – un client m’a déjà demandé un ʺlatté déconstruitˮ, car il voulait le mettre ensemble lui-même à sa table. »

Anastasiya Gorodnicha nous parle de ses clients à quatre pattes :
« Les gens du coin sont accueillants et gentils, mais les chiens sont mes clients préférés! Ils sont toujours souriants et sont heureux de se promener. Ça me rend toujours heureuse de les voir se promener avec leur maître. »

Joanie Rheaume-Bond nous décrit l’ambiance unique de Vanier :
« Ce quartier est comme un petit village. Tout le monde se connaît et il y vraiment un esprit de communauté. C’est agréable d’en faire partie et de faire partie de la routine des gens. La clientèle de Beechwood est gentille et éclectique, ce qui est intéressant! »

Julia Norris nous dit pourquoi elle aime travailler à Vanier :
« C’est une amie de ma sœur qui m’a initiée au commerce du café. J’ai travaillé à une autre brûlerie pendant deux ans et je suis tombée amoureuse de la culture des brûleries. Ce que je préfère de mon travail sur l’avenue Beechwwod, c’est la diversité de notre clientèle. C’est toujours plaisant d’apprendre à connaître les gens. »

Des occasions d’emploi au menu d’Eat More Soup

Tous les mercredis, l’odeur alléchante d’épices et de légumes embaume les couloirs de Heartwood House, un espace collaboratif sur l’avenue McArthur pour les organismes à but non lucratif.

 Il s’agit des « Souper Wednesdays » et chaque semaine nous permet de découvrir une saveur un peu différente.

Carotte épicée, chou frisé, pois de senteur et chili végétalien ne sont que quelques-unes des soupes servies toutes les semaines par le chef d’Eat More Soup, David Irish, et quelques étudiants.

L’initiative –qui a pris de l’ampleur pour inclure la vente de soupes au Farm Boy et au Kardish Health Food Centre d’Ottawa – est une émanation d’ALSO, un service de littératie pour les adultes et les familles situé dans Heartwood House. La directrice administrative, Kim Oastler, dit que l’organisme a initialement lancé Eat More Soup pour montrer aux étudiants comment préparer des repas sains.

« Nous avions remarqué que de plus en plus d’étudiants arrivaient affamés au programme de littératie pour adultes, » explique Mme Oastler. L’organisme a donc commencé à offrir des cours de cuisine et des leçons pour apprendre à faire des choix judicieux en magasinant.

L’intérêt s’est rapidement étendu au-delà des murs d’ALSO. En effet, le personnel d’autres organismes de Heartwood House s’est mis à faire la file pour goûter la saveur de la semaine.

Lorsque les employés ont commencé à demander s’ils pouvaient rapporter de la soupe à la maison, les classes hebdomadaires se sont transformées en véritable entreprise. Mme Oaslter s’est alors mise à chercher des fonds et des partenaires pour l’expansion d’Eat More Soup.

Compétences professionnelles

Lancée en juillet 2017, cette entreprise à vocation sociale a toujours été bien plus qu’un simple moulin à soupe. Il s’agit d’une occasion de transmettre des compétences professionnelles, comme arriver à l’heure au travail, réaliser une tâche jusqu’au bout et respecter un horaire. Les étudiants ont vite acquis les habiletés nécessaires pour trouver et garder un emploi.

Les stagiaires qui préparent les soupes investissent environ 10 heures sur une période de 12 semaines pour apprendre à cuisiner des soupes végétariennes et végétaliennes à des fins commerciales. Les étudiants participent aussi à deux simulations d’entrevue avec des spécialistes en ressources humaines de Farm Boy et Starbucks. Les participants reçoivent ensuite des commentaires et du coaching, ce qui les aide à se préparer à de vraies entrevues.

 « J’ai aimé les exercices d’entrevue. J’ai gardé les notes au cas où je postulerais à Starbucks ou une autre entreprise du genre dans le futur, » dit l’étudiante Kristen Rading.

Mme Oastler affirme que 75 % des étudiants qui terminent le programme obtiennent un emploi.

Bon nombre des étudiants n’ont pas de diplôme d’études secondaires ou d’expérience de travail exhaustive, ce qui constitue un désavantage lorsqu’ils remplissent des demandes d’emploi en ligne, selon la directrice d’ALSO.

Le programme leur donne un coup de pouce grâce aux partenaires comme Farm Boy qui permet aux étudiants de remplir une demande d’emploi hors ligne et d’obtenir une entrevue.

« L’idée, c’est d’ouvrir la porte, » indique Mme Oastler. « On ne garantit pas un emploi, mais on leur promet une entrevue. »

Nathalie Gagnon, qui a complété le programme, dit qu’on lui a donné la confiance de retourner au travail. « Après une absence de trois ans à cause de problèmes de santé mentale, j’avais peur de réintégrer le marché du travail, » explique Mme Gagnon. Mais elle ajoute qu’elle avait hâte de mettre ses nouvelles compétences en pratique à son nouvel emploi.

En ce qui a trait à la soupe, le chef Irish invite tout le monde à se rendre à Heartwood House les mercredis pour l’essayer ou à soutenir l’entreprise en achetant de la soupe dans un des détaillants distributeurs.

Une liste complète des points de vente d’Eat More Soupe est accessible en ligne à EatMoreSoup.org.

L’art à Vanier… au féminin!

L’art est omniprésent et Vanier en est la preuve! Peu importe où l’on regarde, on retrouve généralement une murale ou un monument riche en couleur et en signification culturelle.

Vanier attire les meilleurs talents d’au-delà de la région, transformant ainsi le quartier en destination de choix pour les artistes.

« Je suis constamment dans la communauté, même si je ne suis pas résidente, » affirme Jaime Morse.

Mme Morse, une artiste crie-métisse originaire de Lac La Biche, dit qu’elle a été attirée par Vanier dès son arrivée à Ottawa en raison du Centre Wabano. Depuis, son travail dans la région fait partie de sa carrière. Ce travail inclut la préservation des traditions véhiculées par les motifs métis perlés et à l’encre sur diverses peaux d’animaux et par l’art écailles de poisson, une forme d’art créée à partir d’écailles de poisson séchées qui peuvent être teintes et se recourber pour prendre l’apparence de pétales. Elle a aussi fondé Indigenous Walks, un organisme qui offre des randonnées guidées dans Ottawa dans une perspective autochtone – programme qu’elle aimerait élargir et offrir à Vanier.

De l’ensemble des œuvres et des enseignements que Jaime Morse a contribués à la communauté, celle qui la rend le plus fière est sa conception d’un passage à piéton à saveur autochtone qui consiste en des mocassins traversant la chaussée entre deux fleurs colorées. Elle espère un jour le voir sur le chemin Montréal devant le Centre Wabano.

“L’art a la capacité de nourrir le pouls d’une communauté qui pourrait autrement lutter pour rester en vie,”

L’Art « nourrit le pouls de la communauté »

Selon Mme Morse, il peut être difficile pour une femme de travailler dans l’industrie artistique, sentiment que partagent bien d’autres artistes. Veronique Roy, créatrice qui visite souvent Vanier elle aussi, est du même avis. Elle précise que les femmes reçoivent fréquemment un salaire inférieur à celui de leurs homologues masculins, ainsi que moins de marques de reconnaissance, d’où l’importance de travailler ensemble au sein d’une communauté soudée.  

« Nous devons reconnaître,  édifier et financer les femmes artistes, » précise Mme Roy, soulignant la façon dont Vanier  soutient et encourage les artistes. Durant sa carrière, Veronique Roy a travaillé avec une impressionnante gamme d’organismes comme KIND Space, House of PainT, Fierté dans la Capitale et le festival des cinéastes numériques Digi60. Elle affirme que c’est son travail dans des communautés comme Vanier qui est le plus important. 

« L’art a la capacité de nourrir le pouls d’une communauté qui pourrait autrement lutter pour rester en vie, » dit-elle. Elle ajoute que les quartiers comme Vanier qui intègrent l’art au moyen de murales extérieures et d’autres installations possèdent un esprit communautaire unificateur et un dynamisme qu’on ne trouve pas en banlieue. 

Veronique Roy a collaboré avec une autre artiste féminine, Mique Michelle, dont l’œuvre est bien en vue à Vanier sous forme d’une des plus grandes murales  d’Ottawa. La murale de quatre étages située sur le mur extérieur d’un immeuble de bureaux au 261, chemin Montréal honore l’histoire de la population inuite de  Vanier, ainsi que leurs expériences et apports au quartier et à la collectivité.

Fière résidente de Vanier, Mique Michelle défend l’idée d’abolir l’image négative du graffiti et de l’art urbain. Ce sont les œuvres comme la murale du chemin Montréal qui contribuent à combler l’écart en présentant couleur et créativité par l’entremise d’un tableau de style graffiti.

À titre d’artiste, Veronique Roy dit que le travail avec  d’autres artistes comme Mique Michelle peut être très inspirant. En tant qu’active promotrice des arts dans la ville, elle affirme que la force de la collectivité est la plus grande inspiration des artistes à Ottawa et qui travaillent à Vanier, inspiration, ajoute-t-elle, qui vient naturellement.

Selon elle, Vanier est sans prétention, à l’inverse  d’autres quartiers historiques d’Ottawa qui se sont vus radicalement transformés ces dernières années par de nouveaux projets d’urbanisme.

« Vanier a conservé son caractère, » de conclure Mme Roy.

Vanier célèbre le quartier avec le Festin de l’Est de fin d’été

Les résidents et visiteurs de Vanier se sont réunis au début du mois de septembre pour célébrer le dynamisme du quartier et souligner la fin non officielle de l’été.

To help say so long to the season of hot, sticky nights – and embrace the coming autumn season – the Vanier BIA held its “East Feast” evening with food, music and Pour aider à faire les adieux à la saison des soirées chaudes et humides, et accueillir l’arrivée de l’automne, la ZAC de Vanier a organisé le Festin de l’Est, avec de la bouffe, de la musique et du théâtre de rue.

Alors que des DJ faisait jouer du funk de la vieille école et des rythmes festifs, les participants se sont régalés dans des restos locaux, y compris le Muckleston & Brockwell, le Bridgehead, le Sundae School, l’Ola Cocina, le Meatings et le Rico Peru, de même que dans des kiosques du marché des producteurs de Beechwood.

Ailleurs, le restaurant Sutherland’s, le ClockTower Brew Pub et le Royal Oak ont ajouté leur grain de sel à l’atmosphère de fête en prolongeant les festivités dans leur commerce respectif.

À l’extérieur, la troupe de théâtre de rue montréalaise Labokracboom a fait le bonheur des enfants et des adultes avec sa marionnette géante de seize pieds de hauteur. Une installation sonore interactive abordait les visiteurs alors qu’ils se laissaient porter par la musique à l’intérieur d’un gigantesque dôme lumineux, alors que les projections expérimentales interactives du collectif Windows transformaient l’extérieur du Red Door Provisions. À la tombée du jour, Shift Yoga a offert à des douzaines de participants une séance de yoga vespérale.

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EcoEquitable exploite le potentiel des affaires comme une force positive

Anouk Bertner dit avoir toujours voulu utiliser des outils commerciaux pour faire le bien commun.

Anouk a étudié le commerce à l’Université Concordia, puis a travaillé pendant plus de dix ans avec des entreprises à vocation sociale et des organismes sans but lucratif. Après avoir décroché sa maîtrise en administration des affaires, elle a vu ses collègues lancer leur carrière dans le milieu des finances ou de la gestion. Personnellement, elle a choisi une voie différente.

« J’ai toujours vu le potentiel des affaires comme une force positive », affirme Anouk, qui entame sa cinquième année au poste de directrice générale d’EcoEquitable.

Eco Equitable enseigne tout, des bases de la couture aux cours plus avancés. Photo by Ted Simpson

« Elle s’est rendu compte que lorsque les travailleuses cousaient ensemble, qu’elles collaboraient et qu’elles se soutenaient les unes les autres, c’est là qu’un esprit communautaire se formait et que l’intégration était possible », raconte Anouk.

Au lieu d’un cours magistral, l’idée consistait davantage à veiller au confort des participantes, à améliorer leurs compétences linguistiques et à créer un esprit de communauté », précise-t-elle. « Toutes des choses qui sont évidentes, mais qui sont plutôt difficiles à mettre en pratique. »

Aujourd’hui, EcoEquitable est l’une des dix-huit entreprises à vocation sociale et sans but lucratif qui occupent la Heartwood House de l’avenue McArthur. L’entreprise offre un large éventail de cours de couture, aussi bien des formations pour débutants que des ateliers de fabrication de modèles. Ces cours de couture constituent la principale source de revenus de la programmation sociale.

EcoEquitable est la seule organisation d’Ottawa qui recycle des tissus. Elle a réussi à transformer 10 175 livres de tissus en 2017. Les tissus provenaient de divers endroits, y compris de particuliers, de drapeaux de la Commission de la capitale nationale et du sommet du G7.

Eco Equitable est le seul recycleur de textile d’Ottawa. Ted Simpson Photo

Le cœur d’EcoEquitable est sa programmation sociale. Elle aide de nombreuses réfugiées et immigrantes de la région à améliorer leurs compétences afin d’intégrer le marché du travail tout en leur versant un salaire pour le travail qu’elles accomplissent.

La majorité du travail retourne à la communauté. Par exemple, EcoQuitable fabrique beaucoup de sacs de congrès, comme elle l’a fait pour le sommet du G7 avec du tissu venant de drapeaux recyclés de Canada 150.

EcoEquitable est plus largement reconnue dans la grande communauté d’Ottawa. Récemment, l’entreprise a reçu le prix du bâtisseur communautaire de l’année de Centraide Ottawa dans la catégorie Pauvreté à possibilité.

« Il y a beaucoup d’organisations axées sur les valeurs qui s’intéressent à la création de produits qui ont une histoire », dit-elle. « Les gens commencent à en avoir assez des produits d’origine douteuse traités et fabriqués en masse. »

Cet aspect, outre le fait qu’EcoEquitable aide de nouvelles arrivantes à s’établir, fait en sorte que les gens et les entreprises se sentent bien d’appuyer l’entreprise », ajoute-t-elle.

Il est logique pour EcoEquitable d’être établi à Vanier, où beaucoup de nouvelles arrivantes aboutissent au début de leur aventure canadienne.
« Je crois que Vanier est l’un des seuls quartiers d’Ottawa qui a une vraie personnalité ». Anouk est également d’avis que l’emplacement de l’entreprise dans la Heartwood House augmente ses répercussions communautaires.

Eco Equitable est situé à Hartwood House sur McArthur Avenue, avec de nombreuses autres entreprises et organisations sociales. Ted Simpson Photo

Modbox

Profitant du potentiel de Vanier, Modbox lance le projet de développement du Marché Saint-Charles.

L’église Saint-Charles de Vanier a été un centre névralgique de la communauté pendant plus d’un siècle avant que le nombre de fidèles en déclin la force à célébrer sa dernière messe en 2010.

En 2014, l’immeuble sécularisé de l’avenue Beechwood a été vendu à Modbox, une entreprise qui regroupe la firme d’architecture Linebox ainsi que la société de gestion d’immeubles et de projets Lake Partnership, peu intéressée par les projets d’habitations en copropriété ordinaires.

« C’est plus qu’un immeuble ou un développement », déclare Darryl Squires, président-directeur général de Modbox. « Il s’agit d’une occasion de faire quelque chose d’unique et de spécial ».

Les plans pour le Marché Saint-Charles comprennent la construction de résidences horizontales et de maisons en rangée autour de la structure originale de l’église. Au centre, le clocher historique servira à nouveau de lieu de rassemblement pour la communauté d’Ottawa.

La construction du nouveau bâtiment est officiellement en cours sur le site afin de jeter les fondations du projet. La restauration de l’église en soi a pris fin à l’automne 2017 et l’ancien presbytère derrière l’église a été démantelé en juillet 2018.

L’église reconvertie deviendra un restaurant et un marché local, alors que l’enceinte originale servira à organiser des attractions saisonnières et des activités communautaires pour les résidents du quartier.

Il s’agit de l’un des nombreux investissements commerciaux qui ont eu lieu à Vanier, un quartier qui offre aux entrepreneurs des filons à exploiter, sans oublier ses cafés, boutiques, studios d’art et jeunes entreprises.

« Vanier regorge de potentiel », affirme M. Squires.