Des occasions d’emploi au menu d’Eat More Soup

Tous les mercredis, l’odeur alléchante d’épices et de légumes embaume les couloirs de Heartwood House, un espace collaboratif sur l’avenue McArthur pour les organismes à but non lucratif.

 Il s’agit des « Souper Wednesdays » et chaque semaine nous permet de découvrir une saveur un peu différente.

Carotte épicée, chou frisé, pois de senteur et chili végétalien ne sont que quelques-unes des soupes servies toutes les semaines par le chef d’Eat More Soup, David Irish, et quelques étudiants.

L’initiative –qui a pris de l’ampleur pour inclure la vente de soupes au Farm Boy et au Kardish Health Food Centre d’Ottawa – est une émanation d’ALSO, un service de littératie pour les adultes et les familles situé dans Heartwood House. La directrice administrative, Kim Oastler, dit que l’organisme a initialement lancé Eat More Soup pour montrer aux étudiants comment préparer des repas sains.

« Nous avions remarqué que de plus en plus d’étudiants arrivaient affamés au programme de littératie pour adultes, » explique Mme Oastler. L’organisme a donc commencé à offrir des cours de cuisine et des leçons pour apprendre à faire des choix judicieux en magasinant.

L’intérêt s’est rapidement étendu au-delà des murs d’ALSO. En effet, le personnel d’autres organismes de Heartwood House s’est mis à faire la file pour goûter la saveur de la semaine.

Lorsque les employés ont commencé à demander s’ils pouvaient rapporter de la soupe à la maison, les classes hebdomadaires se sont transformées en véritable entreprise. Mme Oaslter s’est alors mise à chercher des fonds et des partenaires pour l’expansion d’Eat More Soup.

Compétences professionnelles

Lancée en juillet 2017, cette entreprise à vocation sociale a toujours été bien plus qu’un simple moulin à soupe. Il s’agit d’une occasion de transmettre des compétences professionnelles, comme arriver à l’heure au travail, réaliser une tâche jusqu’au bout et respecter un horaire. Les étudiants ont vite acquis les habiletés nécessaires pour trouver et garder un emploi.

Les stagiaires qui préparent les soupes investissent environ 10 heures sur une période de 12 semaines pour apprendre à cuisiner des soupes végétariennes et végétaliennes à des fins commerciales. Les étudiants participent aussi à deux simulations d’entrevue avec des spécialistes en ressources humaines de Farm Boy et Starbucks. Les participants reçoivent ensuite des commentaires et du coaching, ce qui les aide à se préparer à de vraies entrevues.

 « J’ai aimé les exercices d’entrevue. J’ai gardé les notes au cas où je postulerais à Starbucks ou une autre entreprise du genre dans le futur, » dit l’étudiante Kristen Rading.

Mme Oastler affirme que 75 % des étudiants qui terminent le programme obtiennent un emploi.

Bon nombre des étudiants n’ont pas de diplôme d’études secondaires ou d’expérience de travail exhaustive, ce qui constitue un désavantage lorsqu’ils remplissent des demandes d’emploi en ligne, selon la directrice d’ALSO.

Le programme leur donne un coup de pouce grâce aux partenaires comme Farm Boy qui permet aux étudiants de remplir une demande d’emploi hors ligne et d’obtenir une entrevue.

« L’idée, c’est d’ouvrir la porte, » indique Mme Oastler. « On ne garantit pas un emploi, mais on leur promet une entrevue. »

Nathalie Gagnon, qui a complété le programme, dit qu’on lui a donné la confiance de retourner au travail. « Après une absence de trois ans à cause de problèmes de santé mentale, j’avais peur de réintégrer le marché du travail, » explique Mme Gagnon. Mais elle ajoute qu’elle avait hâte de mettre ses nouvelles compétences en pratique à son nouvel emploi.

En ce qui a trait à la soupe, le chef Irish invite tout le monde à se rendre à Heartwood House les mercredis pour l’essayer ou à soutenir l’entreprise en achetant de la soupe dans un des détaillants distributeurs.

Une liste complète des points de vente d’Eat More Soupe est accessible en ligne à EatMoreSoup.org.

EcoEquitable exploite le potentiel des affaires comme une force positive

Anouk Bertner dit avoir toujours voulu utiliser des outils commerciaux pour faire le bien commun.

Anouk a étudié le commerce à l’Université Concordia, puis a travaillé pendant plus de dix ans avec des entreprises à vocation sociale et des organismes sans but lucratif. Après avoir décroché sa maîtrise en administration des affaires, elle a vu ses collègues lancer leur carrière dans le milieu des finances ou de la gestion. Personnellement, elle a choisi une voie différente.

« J’ai toujours vu le potentiel des affaires comme une force positive », affirme Anouk, qui entame sa cinquième année au poste de directrice générale d’EcoEquitable.

Eco Equitable enseigne tout, des bases de la couture aux cours plus avancés. Photo by Ted Simpson

« Elle s’est rendu compte que lorsque les travailleuses cousaient ensemble, qu’elles collaboraient et qu’elles se soutenaient les unes les autres, c’est là qu’un esprit communautaire se formait et que l’intégration était possible », raconte Anouk.

Au lieu d’un cours magistral, l’idée consistait davantage à veiller au confort des participantes, à améliorer leurs compétences linguistiques et à créer un esprit de communauté », précise-t-elle. « Toutes des choses qui sont évidentes, mais qui sont plutôt difficiles à mettre en pratique. »

Aujourd’hui, EcoEquitable est l’une des dix-huit entreprises à vocation sociale et sans but lucratif qui occupent la Heartwood House de l’avenue McArthur. L’entreprise offre un large éventail de cours de couture, aussi bien des formations pour débutants que des ateliers de fabrication de modèles. Ces cours de couture constituent la principale source de revenus de la programmation sociale.

EcoEquitable est la seule organisation d’Ottawa qui recycle des tissus. Elle a réussi à transformer 10 175 livres de tissus en 2017. Les tissus provenaient de divers endroits, y compris de particuliers, de drapeaux de la Commission de la capitale nationale et du sommet du G7.

Eco Equitable est le seul recycleur de textile d’Ottawa. Ted Simpson Photo

Le cœur d’EcoEquitable est sa programmation sociale. Elle aide de nombreuses réfugiées et immigrantes de la région à améliorer leurs compétences afin d’intégrer le marché du travail tout en leur versant un salaire pour le travail qu’elles accomplissent.

La majorité du travail retourne à la communauté. Par exemple, EcoQuitable fabrique beaucoup de sacs de congrès, comme elle l’a fait pour le sommet du G7 avec du tissu venant de drapeaux recyclés de Canada 150.

EcoEquitable est plus largement reconnue dans la grande communauté d’Ottawa. Récemment, l’entreprise a reçu le prix du bâtisseur communautaire de l’année de Centraide Ottawa dans la catégorie Pauvreté à possibilité.

« Il y a beaucoup d’organisations axées sur les valeurs qui s’intéressent à la création de produits qui ont une histoire », dit-elle. « Les gens commencent à en avoir assez des produits d’origine douteuse traités et fabriqués en masse. »

Cet aspect, outre le fait qu’EcoEquitable aide de nouvelles arrivantes à s’établir, fait en sorte que les gens et les entreprises se sentent bien d’appuyer l’entreprise », ajoute-t-elle.

Il est logique pour EcoEquitable d’être établi à Vanier, où beaucoup de nouvelles arrivantes aboutissent au début de leur aventure canadienne.
« Je crois que Vanier est l’un des seuls quartiers d’Ottawa qui a une vraie personnalité ». Anouk est également d’avis que l’emplacement de l’entreprise dans la Heartwood House augmente ses répercussions communautaires.

Eco Equitable est situé à Hartwood House sur McArthur Avenue, avec de nombreuses autres entreprises et organisations sociales. Ted Simpson Photo